
Réalisés en 1952, deux ans avant la disparition de l’artiste, les Nus bleus constituent l’un des sommets de son ultime période et l’aboutissement d’une recherche poursuivie durant plus d’un demi-siècle autour de la figure humaine, de la couleur et de la simplification des formes.
Lorsque Matisse entreprend la série des Nus bleus, il est âgé de quatre-vingt-deux ans. Depuis l’opération chirurgicale qu’il subit en 1941 à la suite d’un cancer, sa mobilité est fortement réduite. Cette épreuve marque pourtant le début d’une période d’une extraordinaire fécondité. L’artiste évoque alors une « seconde vie », au cours de laquelle il réinvente radicalement ses moyens d’expression. Incapable de travailler longtemps devant le chevalet, il développe progressivement la technique des papiers découpés, qui deviendra le langage majeur de ses dernières années.
Des assistants recouvrent de gouache des feuilles de papier de couleurs franches. Matisse les découpe ensuite directement aux ciseaux avant de les assembler sur des grands supports. Il ne considère pas ce procédé comme un substitut à la peinture, mais comme une synthèse nouvelle entre dessin et couleur. Selon sa célèbre formule, il s’agit pour lui de « dessiner dans la couleur ». Cette fusion répond à l’une des préoccupations fondamentales de toute sa carrière : réconcilier le dessin et la peinture dans une expression unifiée.
Les Nus bleus apparaissent ainsi comme l’aboutissement d’une longue méditation sur le corps féminin. Depuis les odalisques de la période niçoise jusqu’aux sculptures des années 1910 et 1930, Matisse n’a cessé de revenir à la figure assise ou allongée. Dans les découpages de 1952, le corps est réduit à quelques fragments de papier dont l’agencement suffit à suggérer le volume et le mouvement. L’artiste ne cherche plus à décrire le corps dans le détail mais à en retenir les lignes essentielles, selon un processus de simplification qu’il poursuit depuis plusieurs décennies.
Cette simplification extrême ne relève pas de l’improvisation mais d’un long travail préparatoire. Les photographies de l’atelier montrent que chaque élément est longuement déplacé, épinglé puis corrigé avant d’atteindre sa position définitive.
Le choix du bleu appartient aussi à une longue histoire personnelle. Il rappelle les souvenirs méditerranéens qui irriguent toute l’œuvre de Matisse : la mer, le ciel, la lumière du Sud.
Enfin, lors de la réalisation de la chapelle du Rosaire de Vence, Matisse évoque à plusieurs reprises son admiration pour Giotto. Il est particulièrement sensible à l’usage du bleu dans les fresques de la chapelle Scrovegni à Padoue, dont l’intensité spirituelle l’impressionne durablement.
Matisse cherche un dépouillement capable d’atteindre l’essentiel et parvient, à travers ses Nus Bleus – à une économie de moyens qui constitue l’un des accomplissements majeurs de l’art moderne: faire naître simultanément la ligne, la couleur et la lumière dans un seul geste créateur.
Paiement sécurisé
3DSecure 2.2
Livraison par DHL Express gratuite à partir de 1200 €
Colis préparé avec soin
Suivi du colis
Expédition assurée
pour la valeur de l'œuvre, couvrant le vol et les dommages
Prix des œuvres au plus juste
Certificat d’authenticité
Deux galeries à Paris
Recevez un email dès qu'une nouvelle oeuvre de cet artiste est ajoutée
Votre demande a bien été envoyée ! Nous vous répondrons le plus rapidement possible.
Vous souhaitez connaître le prix de vente, recevoir plus d'images ou obtenir des détails sur l'oeuvre.
Veuillez saisir votre adresse email, un email vous sera envoyé avec un lien pour réinitialiser votre mot de passe
Vous pouvez maintenant commander et suivre vos commandes.
Pour sauvegarder votre wishlist, vous pouvez vous connecter ou créer un compte :
Il s’agit d’un encadrement 100% sur-mesure réalisé avec soin par un artisan-encadreur. Les finitions sont chêne clair, bois blanc ou bois noir, avec ou sans passepartout et plexiglass. Les délais peuvent varier selon la commande avec un délai moyen de 10 jours.
Cette option vous sera proposée lors de l'étape panier.