(1889-1976)
Jean Chauvin (1889-1976) est l’un des grands pionniers de la sculpture abstraite en France. Pendant six décennies, ce sculpteur solitaire et exigeant a développé, en marge des modes, une œuvre de formes pures, organiques et symboliques qui le place aux côtés de Constantin Brancusi et de Jean Arp parmi les inventeurs de la sculpture abstraite. Maître de la taille directe dans les bois les plus rares, il fut aussi un dessinateur d’une grande intensité. « Chauvin est solitaire, il ne se dispersera pas », écrivait de lui Stanislas Fumet.
La Galerie Le Coin des Arts à Paris présente des œuvres originales de Jean Chauvin, en particulier des dessins et des fusains, ainsi que des sculptures, sélectionnés pour leur qualité, leur provenance et leur état de conservation.
Pour découvrir l’ensemble de son œuvre, ses archives et sa biographie détaillée, consultez le site officiel des Archives Jean-Gabriel Chauvin (jeanchauvin.com), édité par le Comité Jean Chauvin.
Jean-Gabriel Chauvin naît le 30 mars 1889 à Rochefort-sur-Mer, en Charente-Maritime. Son frère jumeau, André-Joseph, meurt quelques jours après la naissance : les thèmes de la naissance, du double et de la gémellité imprégneront toute son œuvre. En 1906, à dix-sept ans, il taille au couteau sa première sculpture dans un morceau de bouleau, qu’il cache au regard d’un père hostile à sa vocation.
Après la mort de son père, il s’installe à Paris en 1908 et entre à l’École des arts décoratifs, puis, en 1909, dans l’atelier du sculpteur Antonin Mercié à l’École des beaux-arts, où il reste jusqu’en 1915. Il s’y lie avec François Pompon. Il travaille ensuite dans l’atelier de Joseph Bernard, où il participe à la taille de la Frise de la danse, aujourd’hui au musée d’Orsay. C’est à cette époque qu’il réalise La Toilette, taillée dans l’ébène, considérée comme l’une des premières sculptures abstraites françaises.
Exposant au Salon d’automne et au Salon des indépendants dès 1913, Chauvin s’oriente résolument vers l’abstraction. Il privilégie la taille directe : sans maquette agrandie ni praticien, il attaque lui-même le bloc d’ébène ou d’autres bois précieux, dont il révèle la matière par un polissage d’une extrême finesse. Ses formes lisses et tendues, évoquant le germe, la flamme, l’oiseau ou la figure humaine, sont ensuite parfois éditées en bronze.
En juin 1928, il présente sa première exposition personnelle à la galerie Au Sacre du Printemps, reprise ensuite par Jeanne Bucher, qui le défendra jusqu’à sa mort en 1947. Le grand couturier et collectionneur Jacques Doucet lui achète une taille directe en bois noirci pour son studio de Neuilly, et Le Corbusier acquiert l’un de ses premiers bronzes. Dans les années 1930, Chauvin s’installe à Malakoff et acquiert une maison à Port-des-Barques, près de son estuaire natal.
En 1935, il réalise une Fontaine lumineuse pour le paquebot Normandie. Pour l’Exposition internationale de Paris de 1937, il conçoit une monumentale Sculpture-Signal de onze mètres en béton, ainsi que deux grandes vasques en porcelaine pour la Manufacture de Sèvres. En 1939, l’État acquiert le Tombeau d’Ève : c’est sa première œuvre à entrer dans les collections publiques, suivie notamment de Puissant et solitaire (1939) et d’Incantation maternelle (1947).
Le 24 mars 1949, la galerie Maeght présente quarante et une sculptures et des dessins de Chauvin, avec un numéro de Derrière le miroir préfacé par Robert Rey, Stanislas Fumet et Georges Hugnet. De 1947 à 1955, sous l’égide de Cécile Goldscheider, conservatrice du musée Rodin, son œuvre circule à Berne, Prague, Amsterdam, Stockholm et Düsseldorf ; en 1954, il expose au Kunsthaus de Zurich aux côtés de Brancusi, Arp, Pevsner, Gonzalez et Laurens.
En 1960, le marchand Alex Maguy lui consacre une exposition à la Galerie de l’Élysée, et Christian Zervos lui dédie une monographie aux éditions Cahiers d’Art. Consécration : en 1962, Chauvin représente la France à la 31e Biennale de Venise, avec trente-quatre sculptures réunies par Jacques Lassaigne, aux côtés d’Alfred Manessier et de Serge Poliakoff.
Jean Chauvin meurt le 15 mai 1976 au château de Chaillé, à Saint-Martin-lès-Melle. À sa mort, cent soixante-deux maquettes sont données au musée national d’Art moderne. Ses œuvres sont aujourd’hui conservées notamment au Centre Pompidou, au musée d’Art moderne de Paris (Narcisse, 1939), à la Fondation de Coubertin (Sirène, 1937), au musée de Tel-Aviv et à la Smithsonian Institution de Washington.
Son œuvre est étudiée et défendue par le Comité Jean Chauvin, qui conserve les archives de l’artiste, publie le catalogue raisonné de ses sculptures (Chauvin sculpteur, 2007) et prépare ceux de ses dessins et de ses photographies. Retrouvez sa biographie complète et ses œuvres sur le site des Archives Jean-Gabriel Chauvin.
Parallèlement à la sculpture, Chauvin a dessiné toute sa vie. Ses dessins et ses fusains ne sont pas de simples études préparatoires : ce sont des œuvres à part entière, où il explore les mêmes formes germinales, les mêmes volumes en tension, par le jeu des noirs profonds et des modelés estompés. Ils permettent d’approcher, dans un format plus intime et plus accessible, l’univers d’un sculpteur majeur de l’abstraction.
Pour étudier une œuvre de Jean Chauvin, plusieurs éléments sont importants : la technique (fusain, crayon, encre ; taille directe, plâtre ou bronze), la signature ou le cachet, la date, la provenance, l’historique d’exposition et l’état de conservation. Pour les bronzes, la fonderie, le numéro de tirage et la date de fonte sont déterminants. Les sculptures sont répertoriées dans le catalogue raisonné de 2007, et le Comité Jean Chauvin assure l’authentification des œuvres.
La Galerie Le Coin des Arts sélectionne les œuvres de Jean Chauvin en veillant à leur authenticité, leur provenance et leur état de conservation, et accompagne les collectionneurs dans le choix de leur œuvre, son encadrement et sa conservation. Découvrez également les œuvres d’autres grands sculpteurs et peintres de son temps présentés par la galerie, comme Jean Arp, Ossip Zadkine, Alfred Manessier ou Serge Poliakoff.
Archives Jean-Gabriel Chauvin – Comité Jean Chauvin (jeanchauvin.com) · Chauvin sculpteur, catalogue raisonné des sculptures, 2007 · Derrière le miroir n° 18, Galerie Maeght, 1949 · Christian Zervos, Jean Chauvin, Cahiers d’Art, 1960.
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