(1928)
Portrait de Yaacov Agam par Edward Kaprov, 2010 - CC BY-SA 3.0
Yaacov Agam (né Yaacov Gibstein en 1928 à Rishon LeZion, alors en Palestine mandataire, mort le 21 juin 2026 à 98 ans) est l’un des pionniers de l’art cinétique et de l’Op Art. Installé à Paris dès 1951, exposé en 1955 dans Le Mouvement à la galerie Denise René aux côtés de Victor Vasarely, de Jesús Rafael Soto et de Jean Tinguely, il a inventé des tableaux qui changent selon la position du spectateur. Auteur du Salon Agam conçu pour Georges Pompidou à l’Élysée et de la fontaine de La Défense, lauréat du prix Israël en 2026, il a laissé un abondant œuvre imprimé : sérigraphies et agamographes.
La galerie Le Coin des Arts suit le travail de Yaacov Agam et propose ses estampes originales lorsqu’elles se présentent, retenues comme toutes nos pièces pour la qualité de l’impression, la justification, la provenance et l’état. Pour être prévenu de l’arrivée d’une nouvelle œuvre, il suffit de « suivre l’artiste » sur cette page.
Fils du rabbin et kabbaliste Yehoshua Gibstein, Yaacov Agam grandit à Rishon LeZion, l’une des premières colonies juives de Palestine. De 1946 à 1949, il étudie à l’Académie Bezalel de Jérusalem auprès de Mordecai Ardon, ancien élève du Bauhaus. En 1949, il part pour Zurich, où il suit l’enseignement de Johannes Itten, l’ancien maître du cours préliminaire du Bauhaus, et découvre l’art concret suisse de Max Bill, dont la rigueur mathématique le marque durablement. De cette double formation, héritée du Bauhaus et de l’art concret, il retient une conception de la couleur et de la forme comme système, qu’il va bientôt mettre en mouvement.
Arrivé à Paris en 1951, Agam travaille un temps dans l’atelier de Jean Dewasne, haut lieu de l’abstraction géométrique. Du 30 octobre au 12 novembre 1953, la galerie Craven lui offre sa première exposition personnelle : il y montre des tableaux transformables, dont le spectateur déplace les éléments, et des tableaux « polymorphes » faits de lattes triangulaires peintes sur chaque face, qui révèlent plusieurs compositions selon l’angle de vue. Le Centre Pompidou conserve un Assemblage mouvant de 1953. En avril 1955, il participe à l’exposition fondatrice Le Mouvement chez Denise René, avec Pol Bury, Alexander Calder, Marcel Duchamp, Robert Jacobsen, Soto, Tinguely et Vasarely. En avril 1959, il expose ses peintures transformables à la Drian Gallery de Londres.
En 1963, la Biennale de São Paulo lui décerne son prix de recherche artistique. Il est invité en 1964 à la documenta III de Kassel, puis, du 25 février au 25 avril 1965, à The Responsive Eye au MoMA de New York, l’exposition qui consacre l’Op Art ; le communiqué du musée le cite comme exemple d’une œuvre qui dépend du mouvement du spectateur. Le MoMA conserve sa Double Metamorphosis II (1964), huile sur aluminium ondulé de près de quatre mètres de large. En 1972, le Musée national d’art moderne lui consacre une rétrospective, reprise ensuite au Stedelijk Museum d’Amsterdam et au musée de Tel-Aviv.
Commandé par le président Georges Pompidou en 1971 et réalisé de 1972 à 1974, le Salon Agam transforme l’antichambre des appartements privés de l’Élysée en environnement total : murs peints sur aluminium, plafond lumineux, panneaux coulissants en Transacryl, sculpture en acier poli et tapis tissé par les Gobelins. Inachevé à la mort du président, démonté sous Valéry Giscard d’Estaing, il est aujourd’hui installé au Centre Pompidou. À La Défense, la Fontaine monumentale, conçue en 1975 et inaugurée en 1977, aligne 66 jets d’eau sur un bassin de 57 × 26 m revêtu d’émaux de Venise. À Tel-Aviv, la Fontaine Feu et Eau est inaugurée sur la place Dizengoff le 15 juillet 1986. En 1980, le Guggenheim de New York présente Beyond the Visible.
Dans les années 1980, Agam explore l’holographie et l’image numérique. En 1996, l’UNESCO lui remet la médaille Jan Amos Comenius pour la « méthode Agam », une éducation visuelle destinée aux jeunes enfants. En novembre 2017 ouvre à Rishon LeZion le Yaacov Agam Museum of Art, conçu par l’architecte David Nofar et consacré à l’art en mouvement. De septembre 2020 à août 2021, le Centre Pompidou présente l’exposition-atelier Agam. Images vivantes. L’artiste reçoit le prix Israël des arts plastiques en 2026, quelques mois avant sa mort, le 21 juin 2026.
La sérigraphie est la technique majeure d’Agam : ses aplats purs et ses contrastes nets servent sa grammaire de bandes, de grilles et de dégradés. Les musées en conservent plusieurs : le MoMA possède Coordination II (1975), tirée à 153 exemplaires ; le Metropolitan Museum le portfolio Message de paix (1980) ; le Kemper Art Museum de Saint-Louis la Suite 3 (1974), justifiée sur 140. Sa Haggadah de 1985, publiée à Londres par Capepark, réunit 58 sérigraphies tirées à la main par l’atelier Arcay à Paris, à 584 exemplaires. L’agamographe transpose ses tableaux polymorphes dans l’édition : une image imprimée en bandes entrelacées, placée sous un réseau lenticulaire, change de composition quand on se déplace. Il existe aussi des sérigraphies sur plexiglas ou sur supports en relief, qui relèvent du multiple. Aucun catalogue raisonné des estampes d’Agam n’est publié à ce jour ; une épreuve s’identifie par son titre, sa date, sa suite, son éditeur et sa justification. Voir notre page sur le tirage et l’estampe originale.
Tirage et justification. Les éditions d’Agam sont souvent importantes (de 99 à plus de 150 épreuves, auxquelles s’ajoutent épreuves d’artiste et hors commerce). Vérifiez la cohérence du numéro avec le tirage annoncé par l’éditeur.
Signature. Les épreuves originales sont signées au crayon « Agam ». Une signature imprimée dans la planche ne vaut pas signature manuscrite. L’artiste étant mort en juin 2026, aucune épreuve ne peut désormais être signée de sa main.
Agamographes. Contrôlez l’adhérence de la lentille, l’absence de rayures, de jaunissement ou de décollement ; le cadre d’origine fait souvent partie de l’objet.
Provenance. Les sérigraphies d’Agam ont été très largement diffusées, notamment aux États-Unis à partir des années 1970 : exigez une facture de galerie, un certificat d’éditeur ou une provenance documentée.
Pièges. Affiches d’exposition en offset, reproductions et cartes lenticulaires décoratives ne sont pas des estampes originales. Nos garanties figurent sur la page authenticité ; pour la présentation, voir notre encadrement sur mesure.
La galerie présente les estampes des grandes figures de l’abstraction géométrique et du cinétisme : Victor Vasarely, Jesús Rafael Soto, Pol Bury, Josef Albers et Auguste Herbin. Découvrez aussi le courant art cinétique et Op Art et nos gravures et lithographies.
Frank Popper, Agam, Harry N. Abrams, New York, éd. revue 1980 · Homage to Yaacov Agam, Solomon R. Guggenheim Museum, New York, 1980 · Centre Pompidou – Salon Agam · Centre Pompidou – « Agam, la seule langue que je parle, c’est le visuel » · Museum Tinguely – Le Mouvement (1955/2010) · MoMA – Double Metamorphosis II · Paris La Défense – Fontaine monumentale · Encyclopædia Universalis – Yaacov Agam
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