(1923-1997)
Eric Koch for Anefo, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Roy Lichtenstein, né à Manhattan (New York) le 27 octobre 1923 et mort à New York le 29 septembre 1997, est l’une des figures fondatrices du Pop Art américain. À partir de 1961, il transpose dans la peinture l’imagerie de la bande dessinée et de la publicité, avec ses aplats cernés de noir et ses points Benday agrandis, et transforme un procédé d’impression industrielle en signature artistique. Logiquement, l’estampe occupe une place centrale dans son œuvre : lithographies, sérigraphies, gravures sur bois et techniques mixtes réalisées avec les grands ateliers américains, de Gemini G.E.L. à Tyler Graphics, et recensées dans le catalogue raisonné de Mary Lee Corlett.
La galerie Le Coin des Arts suit le travail de Roy Lichtenstein et propose ses estampes originales lorsqu’elles se présentent, choisies comme toutes nos pièces pour la qualité de l’impression, le tirage, la provenance et l’état. Pour être prévenu de l’arrivée d’une œuvre, il suffit de cliquer sur le bouton « suivre l’artiste ».
Enfant de Manhattan, Roy Lichtenstein suit des cours d’aquarelle à la Parsons School of Design en 1937. En 1939, il découvre Guernica de Pablo Picasso au Museum of Modern Art. Après le lycée, il fréquente l’atelier de Reginald Marsh à l’Art Students League, puis entre à l’Ohio State University de Columbus en septembre 1940, où l’enseignement de Hoyt L. Sherman, centré sur la perception visuelle, le marque durablement. Mobilisé le 6 février 1943, il part pour l’Europe en décembre 1944 avec la 69e division d’infanterie et combat en France à partir de janvier 1945. En octobre 1945, l’armée le sélectionne pour un cours de langue et de civilisation françaises à la Sorbonne : il loge à la Cité internationale universitaire de Paris et y suit quatre cents heures de cours avant de quitter l’Europe le 2 décembre 1945.
Rendu à la vie civile, il obtient son BFA en juin 1946 puis son MFA en 1949 à Ohio State, où il enseigne jusqu’en 1951. Il épouse Isabel Wilson en 1949 et expose dès 1948 à la Ten-Thirty Gallery de Cleveland, puis à New York, où la Carlebach Gallery lui offre sa première exposition personnelle en 1951. L’estampe est présente dès ces années : sa gravure sur bois To Battle (1950) est primée à l’Ohio State Fair, et le Brooklyn Museum l’expose et acquiert une de ses œuvres lors de sa cinquième National Print Annual en 1951. Sa lithographie Ten Dollar Bill (1956), qui reproduit un billet de banque, annonce déjà le Pop. Professeur à la State University of New York à Oswego (1957-1960), il peint alors dans une veine proche de l’expressionnisme abstrait, avant de rejoindre en 1960 le Douglass College de Rutgers University, dans le New Jersey, où il côtoie Allan Kaprow et le milieu des happenings.
En juin 1961, il peint Look Mickey (National Gallery of Art, Washington) d’après une illustration de livre pour enfants : Mickey et Donald, des bulles, des points imités à la main. C’est le basculement. À l’automne, Kaprow lui fait rencontrer Ivan Karp, de la Leo Castelli Gallery, qui accepte de le représenter ; sa première exposition personnelle chez Castelli se tient du 10 février au 3 mars 1962. Suivent les héroïnes mélodramatiques, comme Drowning Girl (1963, MoMA), et les tableaux de guerre, dont Whaam! (1963). Pour annoncer sa seconde exposition chez Castelli, du 28 septembre au 24 octobre 1963, il conçoit l’affiche Crak!, une lithographie offset : l’un des premiers « imprimés » Pop, mais une affiche avant d’être une estampe. En 1965, il réalise la sérigraphie Sweet Dreams, Baby! pour le portfolio 11 Pop Artists publié par Original Editions.
En 1966, il représente les États-Unis à la 33e Biennale de Venise avec Helen Frankenthaler, Ellsworth Kelly et Jules Olitski. Sa première rétrospective itinérante ouvre au Pasadena Art Museum en avril 1967, puis voyage à Amsterdam (Stedelijk Museum), Londres (Tate Gallery, janvier 1968), Berne et Hanovre ; le Solomon R. Guggenheim Museum lui consacre sa première rétrospective new-yorkaise en 1969. Il épouse Dorothy Herzka en novembre 1968 et partage sa vie entre New York et Southampton (Long Island). Les décennies suivantes sont celles des séries : Miroirs et Entablements au début des années 1970, coups de pinceau (Brushstrokes), Interiors dans les années 1990. En France, il est nommé commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres le 12 juin 1992 ; la même année, il inaugure à Barcelone le Cap de Barcelona, tête monumentale en céramique conçue pour les Jeux olympiques. Le Guggenheim lui offre une seconde rétrospective en 1993-1994, et il reçoit en 1995 le prix de Kyoto et la National Medal of Arts. Il meurt des suites d’une pneumonie en 1997. À Paris, la Pinacothèque l’expose en 2007 et le Centre Pompidou accueille de juillet à novembre 2013 la grande rétrospective organisée par l’Art Institute of Chicago et la Tate Modern.
Pour un artiste qui peint l’image imprimée, l’estampe n’est pas un à-côté. Après les bois et lithographies des années 1950, Lichtenstein privilégie la sérigraphie et la lithographie, souvent combinées. En 1969, chez Gemini G.E.L. à Los Angeles, il publie ses premières séries : les Haystacks et les Cathédrales de Rouen, variations d’après Monet tirées notamment par Kenneth Tyler ; Cathedral #1 associe lithographie et sérigraphie. Chez Tyler Graphics, à Mount Kisco (État de New York), naît en 1990 la série des neuf Reflections, qui mêle lithographie, sérigraphie, gravure sur bois, collage de PVC métallisé et gaufrage, suivie des Nudes en 1994. Il travaille aussi avec Graphicstudio (University of South Florida, Tampa), où il réalise en 1989 les Brushstroke Faces, et avec la galerie Leo Castelli, éditrice de plusieurs de ses estampes et affiches.
La référence est le catalogue raisonné de Mary Lee Corlett, The Prints of Roy Lichtenstein: A Catalogue Raisonné 1948-1997 (Hudson Hills Press, en association avec la National Gallery of Art de Washington, deuxième édition revue, 2002). La National Gallery avait auparavant consacré à son œuvre imprimé l’exposition The Prints of Roy Lichtenstein (1994-1995), conçue par Ruth E. Fine et reprise à Los Angeles et Dallas. On cite une estampe par son numéro : « Corlett 67 » pour Haystack #3 par exemple. Les affiches et imprimés annexes sont recensés dans une section distincte, d’où des références de type « Corlett II.3 » pour une version d’affiche de Crak!. La Fondation Roy Lichtenstein publie en outre un catalogue raisonné en ligne, en accès libre, couvrant plus de 5 500 œuvres, estampes comprises.
Tirage et justification. Les estampes éditées du vivant de l’artiste sont numérotées au crayon, avec un petit nombre d’épreuves d’artiste en plus : 200 exemplaires pour Sweet Dreams, Baby!, 68 exemplaires et 16 épreuves d’artiste pour Reflections on Conversation. Comparez toujours la justification avec le catalogue Corlett (le tirage).
Signature. Une signature au crayon est attendue sur les estampes éditées ; une signature « dans la planche » ne fait pas une épreuve signée. Lichtenstein est mort en 1997 : aucune pièce signée de sa main ne peut être postérieure (la signature).
Papier et timbre sec. Les grands éditeurs utilisaient des papiers de qualité, comme le Rives BFK ou le Somerset, et apposaient souvent leur timbre sec (Tyler Graphics, par exemple). Des marges intactes et un papier non jauni pèsent beaucoup sur la valeur.
Affiches et offsets. Crak! et les affiches d’exposition sont des lithographies offset. Certaines sont signées, mais ce sont des affiches, à ne pas payer au prix d’une sérigraphie numérotée de Gemini ou de Tyler. Méfiance aussi envers les affiches de musées reprenant ses tableaux.
Faux. Lichtenstein est l’un des noms visés par les grandes affaires d’estampes contrefaites : en 2008, la justice fédérale américaine à Chicago a inculpé un réseau qui vendait, surtout sur eBay, des épreuves fabriquées en Espagne et en Italie portant de fausses signatures, notamment de Lichtenstein, de Picasso et de Miró. Exigez une provenance claire et une concordance exacte avec Corlett.
État. Les grands formats et les techniques mixtes (collages de PVC métallisé des Reflections) sont fragiles et craignent la lumière. Vérifiez les couleurs, les plis de manipulation et l’encadrement, et consultez notre page sur l’authenticité.
Le Coin des Arts sélectionne les estampes de Roy Lichtenstein comme celles de ses contemporains : Alex Katz, Sam Francis, Josef Albers ou Yayoi Kusama. Retrouvez aussi nos gravures et lithographies, nos affiches et notre sélection d’art contemporain.
Mary Lee Corlett, The Prints of Roy Lichtenstein: A Catalogue Raisonné 1948-1997, Hudson Hills Press / National Gallery of Art, 2002 · Roy Lichtenstein Foundation – Distinctions · Roy Lichtenstein: A Catalogue Raisonné (en ligne) · National Gallery of Art – The Prints of Roy Lichtenstein · MoMA – Roy Lichtenstein · Centre Pompidou – Roy Lichtenstein · U.S. Department of Justice – affaire des estampes contrefaites (2008)
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