(1910-2012)
Dorothea Tanning, née le 25 août 1910 à Galesburg (Illinois) et morte le 31 janvier 2012 à New York à l’âge de 101 ans, est l’une des figures majeures du surréalisme. Peintre, sculptrice, décoratrice de ballets, romancière et poète, elle a mené une carrière de sept décennies entre les États-Unis et la France, où elle a vécu près de trente ans aux côtés de Max Ernst. Son autoportrait Birthday (1942), aujourd’hui au Philadelphia Museum of Art, compte parmi les images emblématiques du mouvement. Moins connue, son œuvre imprimé – lithographies, eaux-fortes et livres illustrés – est pourtant abondant et d’une grande inventivité.
La galerie Le Coin des Arts présente actuellement une lithographie de Dorothea Tanning, Logarithme, que notre inventaire date de 1971 ; la Menil Collection de Houston, qui en conserve une épreuve, la date de 1970. Cette feuille de petit format est contemporaine des sculptures molles et de la Chambre 202. Nous suivons de près l’œuvre gravé de Tanning et proposons ses estampes originales lorsque des épreuves de qualité – tirage, état, provenance – se présentent ; le bouton « suivre l’artiste » permet d’en être averti.
Seconde fille d’Andrew et Amanda Tanning, Dorothea grandit à Galesburg, petite ville de l’Illinois. Après le lycée (1926) et un emploi à la bibliothèque municipale, elle entre en 1928 au Knox College, établissement d’arts libéraux sans enseignement artistique. Installée à Chicago en 1930, elle ne reste qu’environ trois semaines à la Chicago Academy of Art et préfère étudier seule les tableaux de l’Art Institute. En mai 1935, elle part pour New York. La révélation survient en décembre 1936 avec l’exposition Fantastic Art, Dada, Surrealism du Museum of Modern Art. En juillet 1939, elle s’embarque pour Paris afin de rencontrer les surréalistes, mais la guerre imminente la pousse vers Stockholm puis la ramène à New York dès octobre.
En 1942, Tanning peint Birthday : elle s’y représente, sans sourire, dans une veste pourpre à volants ouverte sur la peau, devant une enfilade de portes. Venu dans son atelier de Greenwich Village pour repérer des œuvres pour Peggy Guggenheim, Max Ernst remarque le tableau et en suggère le titre. Le couple passe l’été 1943 à Sedona (Arizona). La même année, Tanning peint Eine Kleine Nachtmusik, aujourd’hui à la Tate. Sa première exposition personnelle a lieu en 1944 à la Julien Levy Gallery de New York, suivie d’une seconde en janvier 1948. Le 24 octobre 1946, elle épouse Max Ernst à Beverly Hills, lors d’un double mariage avec Man Ray et Juliet Browner. Le couple construit une maison à Sedona en 1947. Dans les années 1940-1950, Tanning dessine aussi décors et costumes de ballets pour George Balanchine et John Cranko.
En juillet 1949, Tanning et Ernst s’installent à Paris, dans deux chambres de bonne du 13, quai Saint-Michel. C’est alors qu’elle découvre la lithographie chez Edmond Desjobert. Sa première exposition parisienne se tient en 1954 à la galerie Furstenberg, l’année où le couple achète une ferme à Huismes (Indre-et-Loire). Sa peinture devient plus fragmentée, prismatique, comme dans Insomnies (1953, Moderna Museet, Stockholm). Elle expose en 1962 aux galeries Édouard Loeb et Mouradian-Vallotton. En 1964, le couple quitte la Touraine pour Seillans, village perché du Var. Dès le milieu des années 1960, Tanning coud sur sa machine Singer des sculptures molles en tissu, telles Étreinte (1969, Museo Reina Sofía) et Nue couchée (1969-1970, Tate). Elles culminent dans l’installation Chambre 202, Hôtel du Pavot (1970-1973), conservée au Centre Pompidou. En 1974, le Centre national d’art contemporain (CNAC) lui consacre une rétrospective à Paris. Max Ernst meurt le 1er avril 1976.
Tanning achève son retour aux États-Unis en 1980 et installe appartement et atelier à New York l’année suivante. Elle publie ses mémoires Birthday (Lapis Press, 1986), augmentés sous le titre Between Lives (W. W. Norton, 2001), puis le court roman Chasm (2004). Elle se consacre de plus en plus à la poésie : A Table of Content (Graywolf Press, 2004) et Coming to That (Graywolf Press, 2011), paru à 101 ans. Le Philadelphia Museum of Art acquiert Birthday auprès de l’artiste en 1999 et l’expose en 2000-2001. Après sa mort en 2012, la grande rétrospective Dorothea Tanning, conçue par Alyce Mahon, est présentée au Museo Reina Sofía de Madrid (2018-2019) puis à la Tate Modern de Londres (2019).
Le premier ensemble imprimé de Tanning est l’album Les 7 périls spectraux, préparé en 1949 chez Desjobert et publié en 1950 par la Librairie Les Pas Perdus à Paris : sept lithographies et une couverture, tirées à 50 exemplaires (dont 10 hors commerce) ; le MoMA en possède un exemplaire. Dès 1955 commence une longue collaboration avec le graveur-éditeur Georges Visat, pour qui elle réalise des eaux-fortes et aquatintes en couleurs, notamment pour le recueil En chair et en or (1973). De 1971 à 1973, elle travaille la lithographie avec Pierre Chave à Vence. Aux États-Unis, elle grave à The Litho Shop de Santa Monica, atelier de Sam Francis (1985), lithographie chez Maurice Sanchez (1987) et grave chez Christian Guérin (1988). En 1992, elle illustre de huit eaux-fortes en couleurs Volcanic Holiday du poète James Merrill.
L’ouvrage de référence est Dorothea Tanning : Hail, Delirium! A Catalogue Raisonné of the Artist’s Illustrated Books and Prints, 1942-1991, dirigé par Roberta Waddell et Louisa Wood Ruby, avec des textes de Donald Kuspit et de l’artiste (New York Public Library, 1992), publié pour la rétrospective de son œuvre imprimé à la bibliothèque. Les marchands le citent sous l’abréviation « HD » suivie d’un numéro ; les estampes d’un même livre portent un numéro décimal (« HD 34.3 » désigne une planche d’En chair et en or). La monographie de Jean-Christophe Bailly (Braziller, 1995) est parfois citée « T. », mais elle n’est pas un catalogue raisonné.
Le catalogue raisonné. Demandez la référence Hail, Delirium! : elle identifie l’estampe, sa date et son édition. Une œuvre postérieure à 1991 n’y figure pas, ce qui impose d’autres justificatifs.
Tirage et justification. Les tirages varient beaucoup : 50 exemplaires pour Les 7 périls spectraux, 100 portefeuilles pour En chair et en or. Vérifiez la numérotation et la mention d’épreuve d’artiste ou « H.C. » (voir le tirage).
Signature. Les épreuves de tête sont signées au crayon ; les planches de livres ou de revues ne le sont pas toujours. Une feuille non signée n’est pas fausse pour autant, mais sa valeur diffère (voir la signature).
Papier et marges. Visat imprimait sur Arches ou sur Japon nacré. Une feuille pliée, comme l’épreuve de Logarithme conservée à la Menil Collection, peut provenir d’une publication : le pli fait partie de l’objet et doit être signalé.
État. Les aplats de couleur des lithographies trahissent insolation et frottements ; préférez un encadrement de conservation.
Pièges. Affiches d’exposition et reproductions des tableaux circulent sous le nom de Tanning ; seules les estampes conçues pour l’impression sont originales. Consultez notre page authenticité.
Le Coin des Arts sélectionne les estampes de Tanning pour la fraîcheur de l’impression et leur état. Découvrez aussi Max Ernst, Man Ray, Hans Bellmer, Roberto Matta et Sam Francis, ainsi que le surréalisme, nos livres illustrés et nos gravures et lithographies.
Roberta Waddell et Louisa Wood Ruby (dir.), Dorothea Tanning : Hail, Delirium! A Catalogue Raisonné of the Artist’s Illustrated Books and Prints, 1942-1991, New York Public Library, 1992 · Jean-Christophe Bailly, John Russell et Robert C. Morgan, Dorothea Tanning, George Braziller, 1995 · Dorothea Tanning : Œuvre, Centre national d’art contemporain, Paris, 1974 · Alyce Mahon (dir.), Dorothea Tanning, Tate Publishing, 2018 · Dorothea Tanning Foundation – Chronologie · MoMA – Les 7 périls spectraux, 1950 · Menil Collection – Logarithme · Tate Modern – Dorothea Tanning, 2019
Paiement sécurisé
3DSecure 2.2
Livraison par DHL Express gratuite à partir de 1200 €
Colis préparé avec soin
Suivi du colis
Expédition assurée
pour la valeur de l'œuvre, couvrant le vol et les dommages
Prix des œuvres au plus juste
Certificat d’authenticité
Deux galeries à Paris
Recevez un email dès qu'une nouvelle oeuvre de cet artiste est ajoutée
Votre demande a bien été envoyée ! Nous vous répondrons le plus rapidement possible.
Vous souhaitez connaître le prix de vente, recevoir plus d'images ou obtenir des détails sur l'oeuvre.
Veuillez saisir votre adresse email, un email vous sera envoyé avec un lien pour réinitialiser votre mot de passe
Vous pouvez maintenant commander et suivre vos commandes.
Pour sauvegarder votre wishlist, vous pouvez vous connecter ou créer un compte :
Il s’agit d’un encadrement 100% sur-mesure réalisé avec soin par un artisan-encadreur. Les finitions sont chêne clair, bois blanc ou bois noir, avec ou sans passepartout et plexiglass. Les délais peuvent varier selon la commande avec un délai moyen de 10 jours.
Cette option vous sera proposée lors de l'étape panier.