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Nicolas DE STAËL

(1914-1955)

Vendu
Méditerranée (Pochoir) - Nicolas DE STAËL

DE STAËL Nicolas

Méditerranée, 1952

Pochoir LCD8602

Vendu

1

Archives nationales, 1941 — CC BY-SA 4.0

Nicolas DE STAËL

Biographie

Nicolas de Staël – Biographie, lithographies, gravures et estampes originales

Nicolas de Staël, né Nikolaï Vladimirovitch Staël von Holstein le 5 janvier 1914 à Saint-Pétersbourg et mort le 16 mars 1955 à Antibes, est l’un des peintres majeurs de l’après-guerre en France. Exilé enfant, formé à Bruxelles, naturalisé français en 1948, il passe en une dizaine d’années d’une abstraction sombre et maçonnée à une peinture lumineuse où reviennent paysages, natures mortes et figures, sans jamais trancher entre abstrait et figuratif. À côté de plus d’un millier de tableaux, il laisse un œuvre gravé restreint mais très recherché, concentré sur ses cinq dernières années : bois gravés des Poèmes de René Char, eaux-fortes et burins pour les livres de Pierre Lecuire, et une vingtaine de lithographies.

La galerie Le Coin des Arts suit le travail de Nicolas de Staël et propose ses estampes originales lorsqu’elles se présentent, en les distinguant toujours des tirages posthumes et des reproductions. Pour être prévenu de l’arrivée d’une pièce, il suffit de « suivre l’artiste » sur cette page.

De Saint-Pétersbourg à Bruxelles : une enfance d’exil (1914-1938)

Issu d’une famille aristocratique et militaire, l’enfant quitte Saint-Pétersbourg avec les siens à l’été 1919, après la révolution. La famille s’établit en Pologne, où meurent son père (1921) puis sa mère (1922). Nicolas et ses sœurs sont confiés à la famille Fricero, à Bruxelles, qui les élève. En octobre 1933, Nicolas entre à l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles, dans l’atelier d’Henri Van Haelen. Les années suivantes sont celles des voyages : la Hollande et la peinture flamande, le Midi de la France et Paris (Cézanne, Matisse, Braque), l’Espagne traversée à bicyclette, puis le Maroc, où il rencontre la peintre Jeannine Guillou, qui partagera sa vie jusqu’en 1946. En 1938, après un séjour en Italie, il s’installe à Paris et fréquente brièvement l’académie de Fernand Léger.

La guerre, Nice et l’entrée dans l’abstraction (1939-1945)

Engagé dans la Légion étrangère en 1939, il est affecté en Afrique du Nord puis démobilisé en septembre 1940. Il vit alors à Nice jusqu’en 1943 et y côtoie Alberto Magnelli, Jean Arp, Sonia et Robert Delaunay ou Maria Helena Vieira da Silva. Ses premières toiles abstraites datent de 1942. Revenu dans le Paris occupé en 1943, il est soutenu par la marchande Jeanne Bucher, qui l’expose en février 1944 aux côtés de Kandinsky et de César Domela. En mai 1944, sa première exposition personnelle, à la galerie L’Esquisse, attire l’attention de Georges Braque ; Jeanne Bucher lui consacre ensuite une exposition en avril 1945.

Paris, la reconnaissance et les premières estampes (1946-1952)

Jeannine Guillou meurt en février 1946. Staël épouse ensuite Françoise Chapouton, signe en octobre 1946 un contrat avec Louis Carré, puis s’installe en 1947 rue Gauguet, près du parc Montsouris, où il rencontre le marchand américain Theodore Schempp. La galerie de Jacques Dubourg devient son marchand le plus fidèle. En 1950, le Musée national d’art moderne acquiert sa Composition (les pinceaux) ; en 1951, le MoMA de New York achète à son tour. C’est le moment où naît l’œuvre gravé : en 1951, il conçoit pour son ami le poète René Char les bois des Poèmes. Le 26 mars 1952, le match de football France-Suède au Parc des Princes lui inspire la série des Footballeurs et le grand Parc des Princes, dont l’exposition au Salon de Mai est mal reçue par les tenants de l’abstraction. Cette toile a atteint environ 20 millions d’euros chez Christie’s Paris en octobre 2019.

New York, la Provence et Antibes (1953-1955)

En mars 1953, l’exposition de la galerie Knoedler à New York est un succès ; la même année, il signe un contrat d’exclusivité avec Paul Rosenberg. L’été 1953, il travaille à Lagnes, près d’Avignon, voyage en Italie et en Sicile (Agrigente, Syracuse), puis achète le Castelet de Ménerbes. Les paysages qui en naissent, aux couleurs posées en larges plans, sont exposés à New York en février 1954 puis chez Dubourg à Paris en juin. En septembre 1954, il s’installe à Antibes, face à la mer. Il y meurt le 16 mars 1955, à 41 ans, laissant inachevé Le Concert, immense toile de six mètres. Les rétrospectives se succèdent depuis : Musée national d’art moderne (1956), Grand Palais (1981), Fondation Maeght (1991), Centre Pompidou (2003) et Musée d’Art moderne de Paris (2023-2024, plus de 400 000 visiteurs).

L’œuvre gravé de Nicolas de Staël

Le catalogue de référence est celui de Françoise Woimant et Françoise de Staël, Nicolas de Staël. L’Œuvre gravé, publié par la Bibliothèque nationale en 1979 : il recense 107 planches gravées entre 1949 et 1954, dont une quarantaine de bois, une quarantaine de tailles-douces sur cuivre, une vingtaine de lithographies et deux linogravures ; 42 d’entre elles ont paru dans des livres. Une référence « Woimant 100 » ou « Staël-Woimant 100 » renvoie à ce numéro. Le premier ensemble est celui des Poèmes de René Char : 14 gravures sur bois, édition à compte d’auteur tirée à 120 exemplaires signés, typographie de Fequet et Baudier ; Staël en choisit lui-même papier, caractères et emboîtage (voir la gravure sur bois). Viennent ensuite les livres du poète-éditeur Pierre Lecuire : Voir Nicolas de Staël (1953, deux burins et une lithographie), Ballets-Minute (1954, vingt eaux-fortes en noir) et Maximes (1955, couverture lithographiée en couleurs). Les lithographies isolées, souvent éditées par l’artiste lui-même, sont tirées à très peu d’exemplaires : Le Mur, étude en couleur (1951, 35 exemplaires, Woimant 93) ou Nuit au Parc des Princes (1952, imprimée par Jean Pons, 15 exemplaires, Woimant 100). Pour les techniques, voir notre page sur la lithographie et la taille-douce.

Acheter une estampe originale de Nicolas de Staël

Rareté. Avec une centaine de planches et des tirages de quelques dizaines d’épreuves, les estampes originales de Staël sont rares ; une offre abondante et bon marché doit éveiller la méfiance.

Tirage et justification. Vérifiez que le numéro et le tirage concordent avec le catalogue Woimant (15 exemplaires pour Nuit au Parc des Princes, 35 pour Le Mur). Voir le tirage.

Signature. Les lithographies tirées de son vivant sont habituellement signées au crayon ; les bois des Poèmes ne sont signés, par Char et Staël, qu’à la justification du livre. Une signature imprimée dans la pierre, comme le « Nicolas » des lithographies de 1958, ne vaut pas signature autographe.

Éditions posthumes. En 1958, la galerie Jacques Dubourg fait tirer chez Mourlot des lithographies d’après les collages de l’artiste, pour un catalogue et des affiches, dont certaines à 500 exemplaires. Ce sont des interprétations posthumes, à décrire comme telles et à ne pas confondre avec les planches du catalogue Woimant.

Reproductions et planches de revues. Pochoirs et reproductions publiés dans les revues (XXe Siècle) ou les livres d’art, affiches d’exposition et couvertures postérieures (Lettres de Nicolas de Staël à Pierre Lecuire, 1966) circulent souvent sous l’appellation trompeuse « lithographie ».

Livres et feuilles détachées. Une planche isolée des Poèmes ou de Ballets-Minute provient d’un livre démembré : sa valeur et sa description doivent le préciser.

État. Les papiers ivoire jaunissent, les couleurs pâlissent à la lumière : examinez marges, insolation et anciennes charnières. Nos engagements figurent sur la page authenticité ; pour la conservation, voir l’encadrement sous verre anti-UV.

Autour de Nicolas de Staël, la galerie présente les estampes d’artistes de la même génération parisienne : Serge Poliakoff, André Lanskoy, Georges Braque, Vieira da Silva et Jean Bazaine. Découvrez aussi l’École de Paris et l’abstraction lyrique, nos gravures et lithographies et nos livres illustrés.

Sources et références

Françoise Woimant et Françoise de Staël, Nicolas de Staël. L’Œuvre gravé, Bibliothèque nationale, Paris, 1979 · Jacques Dubourg et Françoise de Staël, Nicolas de Staël. Catalogue raisonné des peintures, Paris, 1968 · Françoise de Staël, Nicolas de Staël. Catalogue raisonné de l’œuvre peint, Ides et Calendes, Neuchâtel, 1997 · Nicolas de Staël. Catalogue raisonné des œuvres sur papier, Ides et Calendes, 2013 · Nicolas de Staël, Centre Pompidou, 2003 · BnF Éditions – L’Œuvre gravé · BnF – Nuit au Parc des Princes · Centre Pompidou – rétrospective 2003 · Musée d’Art moderne de Paris – Nicolas de Staël · The Met – Poèmes

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