(1893-1983)
MIRO Joan
Llibre dels sis sentits (Books of th six senses), 1981
Eau-forte et aquatinte LCD7473
9 000.00€
MIRO Joan
Affiche pour l'inauguration de la Fondació Joan ..., 1976
Lithographie LCD5735
5 500.00€
MIRO Joan
Maravillas con variaciones acrosticas en el jardin de Miro, 1975
Lithographie LCD8304
450.00€
MIRO Joan
Maravillas con variaciones acrosticas en el jardin de Miro, 1975
Lithographie LCD8303
450.00€
Portrait de Joan Miro par Carl Van Vechten, 1935 - Domaine Public, Library of Congress
Joan Miró (1893-1983) est l’une des figures majeures de l’art moderne et du surréalisme. Peintre, sculpteur, céramiste et graveur catalan, il développe pendant plus de soixante ans un langage immédiatement reconnaissable, fait de signes, d’étoiles, de personnages, d’oiseaux et de formes colorées qui oscillent entre abstraction, poésie et imaginaire.
Son œuvre ne se limite pourtant pas à la peinture. Joan Miró accorde une place essentielle à l’estampe originale, à travers un ensemble particulièrement riche de lithographies, eaux-fortes, aquatintes, gravures au carborundum et livres illustrés.
La Galerie Le Coin des Arts à Paris présente régulièrement des œuvres originales de Joan Miró, notamment des lithographies et des gravures, qui permettent de découvrir la richesse de son œuvre graphique et l’évolution de son langage.
Joan Miró i Ferrà naît le 20 avril 1893 à Barcelone. Très tôt attiré par le dessin, il se forme dans sa ville natale, notamment à l’école de La Llotja.
À partir des années 1910, les paysages catalans de Mont-roig, où sa famille possède une propriété, deviennent une source essentielle de son univers. La terre, les animaux, les végétaux et les objets du quotidien nourriront durablement son vocabulaire visuel.
Miró séjourne à Paris à partir de 1920 et entre en contact avec les artistes et écrivains d’avant-garde. Sa proximité avec le mouvement surréaliste joue un rôle déterminant dans l’évolution de son œuvre, même s’il conserve toujours une grande indépendance à l’égard des mouvements constitués.
Peu à peu, les éléments de la réalité se transforment en signes, lignes, étoiles, lunes, oiseaux et personnages. Miró construit ainsi un langage visuel extrêmement personnel, entre figuration et abstraction, qui deviendra l’un des plus reconnaissables de l’art du XXe siècle. Mont-roig, Paris, puis Majorque, où il s’installe en 1956, en restent les grands lieux.
La rencontre avec les poètes et écrivains surréalistes contribue à libérer Miró des conventions traditionnelles de la représentation.
À partir des années 1920, il simplifie progressivement ses figures et transforme l’espace pictural. Quelques signes suffisent désormais à suggérer une femme, un oiseau, une étoile ou un personnage.
Les couleurs jouent également un rôle essentiel. Bleu, rouge, jaune, vert et noir apparaissent souvent en aplats francs sur des fonds plus dépouillés. Le noir structure les compositions tandis que les couleurs créent des rythmes, des tensions et des points d’équilibre.
Même lorsqu’elle semble spontanée, voire enfantine, cette écriture est le résultat d’un travail très construit : derrière l’apparente simplicité des signes se cache une recherche constante sur l’espace, la matière, le geste et la poésie de l’image.
L’œuvre graphique de Joan Miró constitue un domaine essentiel de sa création. Il aborde la lithographie et la gravure à la fin des années 1920 et au début des années 1930, notamment pour illustrer des livres de poètes.
Une lithographie originale de Joan Miró n’est pas la reproduction d’un tableau : elle est conçue comme une œuvre autonome, créée à partir des possibilités propres à l’impression.
En 1938, son travail dans l’atelier du peintre et graveur Louis Marcoussis, où il expérimente l’eau-forte et la pointe sèche sur cuivre, marque une étape décisive dans sa pratique de l’estampe.
Cette recherche prend une importance considérable dans son œuvre, au point que Miró reçoit en 1954 le Grand Prix de la gravure à la Biennale de Venise.
La lithographie est l’une des techniques majeures de l’œuvre graphique de Miró.
Elle lui permet de retrouver la liberté de son dessin tout en travaillant la couleur de manière particulièrement riche. Ses lithographies associent fréquemment de larges aplats de rouge, bleu, jaune, vert et noir à des lignes plus fines et aux formes caractéristiques de son univers : oiseaux, femmes, étoiles, constellations, personnages et signes, dans des compositions tantôt très épurées, tantôt particulièrement dynamiques.
Miró collabore avec de grands imprimeurs et éditeurs, notamment l’atelier Mourlot et la galerie Maeght, qui jouent un rôle majeur dans le développement de son œuvre lithographique.
Il illustre également de nombreux livres de poètes et d’écrivains, de Tristan Tzara à Paul Éluard et René Char, dont les planches constituent une part importante de son œuvre imprimé.
La gravure permet à Miró d’explorer d’autres rapports entre le geste, l’encre, le relief et le papier. Il utilise notamment l’eau-forte, l’aquatinte et la pointe sèche, souvent en combinant plusieurs procédés dans une même œuvre.
La plaque de cuivre, l’acide, l’encrage et la pression de la presse produisent des effets impossibles à obtenir directement en peinture ou en dessin. Miró exploite pleinement ces particularités et fait de la gravure un véritable terrain d’expérimentation, où la qualité, le grain et l’épaisseur du papier participent directement à l’apparence finale de l’œuvre.
À partir de 1967, Joan Miró s’empare d’une technique alors nouvelle : la gravure au carborundum, mise au point par le peintre Henri Goetz.
Le procédé consiste à appliquer sur la plaque une matière à base de carbure de silicium qui crée des surfaces rugueuses capables de retenir beaucoup d’encre. Sous la presse, le papier est fortement marqué, ce qui donne à l’estampe un relief et une densité exceptionnels.
Souvent associée à l’eau-forte et à l’aquatinte, cette technique lui permet d’obtenir des noirs très profonds, des surfaces fortement texturées et des estampes dont la présence matérielle se rapproche parfois de la peinture. C’est l’un des aspects les plus originaux de son œuvre graphique tardive.
La reconnaissance internationale de Joan Miró intervient très tôt : le Museum of Modern Art de New York lui consacre dès 1941 une importante rétrospective. Après la Seconde Guerre mondiale, Miró multiplie les projets monumentaux et se consacre aussi à la céramique et à la sculpture.
Avec le céramiste Josep Llorens Artigas, il réalise les deux grands murs de céramique du siège de l’UNESCO à Paris, inaugurés en 1958 : le Mur du Soleil et le Mur de la Lune, qui lui valent le Grand Prix international de la Fondation Guggenheim.
La Fondation Maeght, inaugurée en 1964 à Saint-Paul-de-Vence, accueille plusieurs œuvres importantes de Miró, dont son célèbre Labyrinthe.
En 1968, l’université Harvard lui décerne un doctorat honoris causa, distinction que lui accorde à son tour l’université de Barcelone en 1979.
La Fundació Joan Miró, constituée en 1972 à l’initiative de l’artiste, ouvre au public en 1975 dans un bâtiment conçu par son ami l’architecte Josep Lluís Sert sur la colline de Montjuïc. Miró la souhaite non seulement consacrée à son œuvre, mais aussi ouverte à la création contemporaine et aux jeunes artistes. Elle conserve aujourd’hui un ensemble exceptionnel de peintures, sculptures, dessins, textiles et œuvres graphiques.
L’artiste poursuit sa création jusqu’à un âge avancé. Il meurt à Palma de Majorque le 25 décembre 1983, à l’âge de 90 ans.
L’abondance de l’œuvre graphique de Joan Miró rend particulièrement nécessaire l’étude précise de chaque estampe : technique, papier, tirage, signature, numérotation, éditeur ou imprimeur, provenance, état de conservation et surtout référence au catalogue raisonné.
Trois ouvrages de référence font autorité : Joan Miró lithographe (Fernand Mourlot, puis Patrick Cramer) pour les lithographies, Miró graveur (Jacques Dupin) pour les gravures, et le catalogue des livres illustrés de Patrick Cramer. Les estampes y sont désignées par un numéro, cité sous la forme « Mourlot n° », « Dupin n° » ou « Cramer n° ». Certaines œuvres existant en plusieurs états, tirages ou éditions, cette référence est essentielle pour le collectionneur.
Lithographie originale, Derrière le Miroir ou reproduction ? Toutes les estampes portant le nom de Miró ne se valent pas. Les lithographies parues dans la revue Derrière le Miroir, éditée par Maeght, sont des lithographies originales, mais non signées et non numérotées. Les estampes « d’après Miró » sont des estampes d’interprétation réalisées par un autre graveur, et de nombreuses affiches et reproductions circulent sur le marché. La référence au catalogue raisonné permet de faire la différence.
La Galerie Le Coin des Arts sélectionne et présente à Paris des lithographies et estampes originales de Joan Miró, en portant une attention particulière à leur authenticité, leur provenance, leur référence au catalogue raisonné et leur état de conservation.
La galerie accompagne également les collectionneurs dans le choix d’une œuvre, son encadrement, sa présentation et sa conservation.
Fundació Joan Miró, Barcelone · Museum of Modern Art, New York · Fondation Maeght, Saint-Paul-de-Vence · Centre Pompidou, Paris · Bibliothèque nationale de France · Fernand Mourlot et Patrick Cramer, Joan Miró lithographe · Jacques Dupin, Miró graveur · Patrick Cramer, Joan Miró. Catalogue raisonné des livres illustrés.
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