(1895-1981)
Bram van Velde (Abraham Gerardus van Velde), né le 19 octobre 1895 à Zoeterwoude, près de Leyde (Pays-Bas), et mort le 28 décembre 1981 à Grimaud (Var), est l’un des peintres les plus singuliers de l’abstraction d’après-guerre. Ami de Samuel Beckett, qui lui consacra plusieurs de ses rares textes sur la peinture, longtemps ignoré du public puis reconnu à partir des années 1960, il a laissé une œuvre peint volontairement restreint et un ensemble considérable de lithographies originales, réalisées pour l’essentiel entre le début des années 1960 et sa mort, et recensées dans le catalogue raisonné de Rainer Michael Mason et Jacques Putman.
La galerie Le Coin des Arts présente une trentaine de lithographies de Bram van Velde datées de 1966 à 1981 : Tête (1969), Forêt (1970), Écoute (1974), Combat (1974), La chose (1976), Éloignement (1977), Ce qui reste (1980), Dans leur voix les eaux (1980), puis les grandes planches de la dernière année, Séparation, Nord et Désertique (1981), ainsi que de nombreux Sans titre et des affiches de la Galerie Maeght (1978) et de la Galerie L’Œil (1994). Chaque épreuve est choisie pour la fraîcheur de ses couleurs, la qualité du tirage, sa justification et son état de conservation.
Issu d’une famille très pauvre, Bram van Velde entre en 1907, à douze ans, comme apprenti dans l’entreprise de peinture et de décoration Schaijk & Kramers à La Haye, avec son frère cadet Geer van Velde. Il y peint des abat-jour et copie les maîtres anciens au Mauritshuis. Son patron, Eduard Kramers, remarque son talent et le soutient financièrement jusqu’au début des années 1930. En 1922, il part pour Munich, puis pour la colonie d’artistes de Worpswede, près de Brême, où la découverte de l’expressionnisme bouleverse sa peinture : ses « paysages-autoportraits » de cette époque portent la marque d’Edvard Munch. Il expose à Brême et à Berlin en 1927.
Installé à Paris en 1924, bientôt rejoint par Geer, il peint des natures mortes aux fenêtres nourries du cubisme, puis découvre Matisse. Avec son frère, il expose au Salon des Indépendants de 1928 à 1932. Il épouse en 1928 la peintre allemande Lilly Klöker. En 1930, il travaille sur la côte provençale et en Corse, puis le couple s’installe à Majorque de 1932 à 1936 : la lumière méditerranéenne y libère sa couleur. La guerre civile espagnole et la mort de Lilly, en 1936, le contraignent à rentrer en France. C’est à la fin des années 1930 qu’il rencontre Samuel Beckett, introduit par Geer. En 1939, avec trois grandes gouaches, il trouve son langage propre ; mais de 1941 à l’automne 1945, démuni, il cesse de peindre.
Le 21 mars 1946, la Galerie Mai, rue Bonaparte, présente sa première exposition personnelle : vingt-cinq peintures et gouaches, sans succès commercial. Beckett publie la même année dans les Cahiers d’art son essai « La peinture des van Velde ou le monde et le pantalon ». Sous contrat avec Aimé Maeght à partir de 1947, Bram expose avec Geer en 1948 à la Galerie Maeght, pour laquelle Beckett écrit « Peintres de l’empêchement », puis à la galerie Kootz de New York, dans le cadre d’un échange avec Maeght. En 1949, les Trois dialogues de Beckett avec Georges Duthuit font de lui la figure même du peintre de l’échec assumé. Après une seconde exposition chez Maeght en 1952, mal reçue par la critique, le marchand rompt son contrat. Jacques Putman, rencontré en 1949, et sa famille le soutiennent alors. En 1958, Franz Meyer organise sa première rétrospective muséale à la Kunsthalle de Berne.
Après la mort accidentelle de sa compagne Marthe Arnaud en 1959, Bram van Velde rencontre à Genève Madeleine Spierer, qui partagera sa vie jusqu’en 1977. Le Stedelijk Museum d’Amsterdam lui consacre une rétrospective, préparée à l’automne 1959 avec des textes de Beckett et de Putman. Suivent la Galerie Knoedler à Paris (1961), puis Knoedler à New York (1962 et 1964), une exposition itinérante américaine (1964-1965), la documenta III de Kassel (1964) et le Wallraf-Richartz-Museum de Cologne. Il est fait chevalier des Arts et des Lettres en 1964. Installé à Genève à partir de 1967, il reçoit en 1970 la consécration d’une rétrospective au Musée national d’art moderne à Paris, suivie en 1971 d’expositions au Musée Rath de Genève et à la Kunsthalle de Bâle. Aimé Maeght le reprend dans sa galerie en 1973 ; la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence organise sa rétrospective en 1973-1974.
Les conversations recueillies par Charles Juliet, publiées en 1978 sous le titre Rencontres avec Bram van Velde (Fata Morgana), font connaître la parole rare de ce peintre qui disait ne pas pouvoir « se servir des mots ». Séparé de Madeleine Spierer en 1977, il s’établit dans le Midi et meurt à Grimaud en décembre 1981. La rétrospective du Centre Pompidou (19 octobre 1989 – 7 janvier 1990), réunissant quelque quatre-vingt-cinq peintures et gouaches, puis celle du centenaire au Musée Rath de Genève en 1996 et l’exposition Bram et Geer van Velde. Deux peintres, un nom au Musée des Beaux-Arts de Lyon en 2010 ont fixé sa place, entre l’École de Paris et l’expressionnisme abstrait américain.
Si le catalogue raisonné commence en 1923, c’est à partir des années 1960 que la lithographie devient pour Bram van Velde un véritable second territoire, d’abord pour des affiches et des catalogues, puis, avec l’aide de Jacques Putman, en longues séries. La méthode est singulière : l’artiste peint à la main des papiers de report que l’imprimeur transpose sur pierre, chaque estampe utilisant au plus sept pierres. Le lithographe Pierre Badey, à Paris, fut son principal interprète, et la Galerie Maeght l’éditeur de la plupart des grandes planches des années 1970 et 1980. Les lithographies ne copient pas les tableaux : Embrasement (peinture de 1965) ou Éclosion (vers 1958-1960) n’ont trouvé leur version imprimée qu’en 1980. Le livre Dans leur voix les eaux (Maeght, 1980), sur un texte d’André du Bouchet, compte cinq lithographies originales, tiré à 165 exemplaires.
La référence est le catalogue raisonné de Rainer Michael Mason et Jacques Putman, Bram van Velde. Les lithographies, en trois volumes : I (1923-1973) et II (1974-1978) chez Yves Rivière à Paris, III (1979-1981) en 1984, avec le Cabinet des estampes du Musée d’art et d’histoire de Genève, qui conserve la quasi-totalité de ces estampes. Une notice « Mason 133 » ou « MP 133 » désigne ainsi Écoute (1974) ; Éloignement (1977) porte le numéro 267, Nord (1981) le 396 et Séparation (1981) le 403.
Catalogue raisonné. Toute lithographie sérieuse doit pouvoir être rapprochée d’un numéro Mason (ou Mason-Putman). Vérifiez que les dimensions, le tirage et l’année correspondent à la notice.
Tirage et justification. Les grandes planches éditées par Maeght dans les années 1970 sont le plus souvent tirées à 100 exemplaires sur vélin d’Arches ; certaines planches plus anciennes l’ont été à 50, d’autres, liées à des expositions, à 250. Des épreuves d’artiste existent hors justification. Voir notre page sur le tirage.
Signature. Les épreuves sont signées et numérotées au crayon ; le monogramme « Bram », peint au pinceau, figure souvent dans la composition et ne remplace pas la signature manuscrite.
Papier et état. Les grands formats (souvent près de 90 × 60 cm) sont sensibles aux plis et aux manipulations ; les jaunes, les mauves et les bleus transparents de Bram van Velde pâlissent à la lumière. Exigez des marges complètes et un encadrement avec verre anti-UV.
Affiches et livres. Les affiches d’exposition (Maeght, L’Œil…) sont des documents distincts des épreuves signées, même lorsqu’elles sont imprimées en lithographie ; certaines expositions ont toutefois donné lieu à des tirages signés et numérotés, comme celle du Musée national d’art moderne en 1970 (MP 65). Les planches de livres doivent être identifiées comme telles. Nos garanties sont détaillées sur la page authenticité.
La galerie sélectionne les lithographies de Bram van Velde avec la même exigence que celles des grands peintres de sa génération : Geer van Velde, Alberto Giacometti, Pierre Soulages, Hans Hartung et Antoni Tàpies. Découvrez aussi l’École de Paris et l’abstraction lyrique et nos gravures et lithographies.
Rainer Michael Mason et Jacques Putman, Bram van Velde. Les lithographies, 3 vol., Paris, Yves Rivière / Genève, Cabinet des estampes, 1974-1984 · Charles Juliet, Rencontres avec Bram van Velde, Fata Morgana, 1978 (rééd. P.O.L, 1998) · Samuel Beckett, Le Monde et le pantalon, suivi de Peintres de l’empêchement, Minuit, 1991 · Samuel Beckett, Trois dialogues, Minuit, 1998 · Bram van Velde, catalogue, Centre Georges Pompidou, 1989 · Centre Pompidou – exposition Bram van Velde, 1989-1990 · Artothèque de Cherbourg – biographie de Bram van Velde · Galerie Lelong – Bram van Velde
Paiement sécurisé
3DSecure 2.2
Livraison par DHL Express gratuite à partir de 1200 €
Colis préparé avec soin
Suivi du colis
Expédition assurée
pour la valeur de l'œuvre, couvrant le vol et les dommages
Prix des œuvres au plus juste
Certificat d’authenticité
Deux galeries à Paris
Recevez un email dès qu'une nouvelle oeuvre de cet artiste est ajoutée
Votre demande a bien été envoyée ! Nous vous répondrons le plus rapidement possible.
Vous souhaitez connaître le prix de vente, recevoir plus d'images ou obtenir des détails sur l'oeuvre.
Veuillez saisir votre adresse email, un email vous sera envoyé avec un lien pour réinitialiser votre mot de passe
Vous pouvez maintenant commander et suivre vos commandes.
Pour sauvegarder votre wishlist, vous pouvez vous connecter ou créer un compte :
Il s’agit d’un encadrement 100% sur-mesure réalisé avec soin par un artisan-encadreur. Les finitions sont chêne clair, bois blanc ou bois noir, avec ou sans passepartout et plexiglass. Les délais peuvent varier selon la commande avec un délai moyen de 10 jours.
Cette option vous sera proposée lors de l'étape panier.