(1929-2014)
Riccardo Licata, né à Turin le 20 décembre 1929 et mort à Venise le 19 février 2014, est un peintre, graveur, mosaïste, verrier et scénographe italien qui a partagé toute sa vie entre Venise et Paris. Issu de l’abstraction vénitienne de l’après-guerre, il a inventé un alphabet personnel de signes, ses « lettres imaginaires », qu’il agence comme une partition musicale. Professeur de mosaïque à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris pendant plus de trente ans, il a laissé un important œuvre gravé : eaux-fortes, lithographies et sérigraphies, aujourd’hui conservées au MoMA de New York ou au British Museum de Londres.
La galerie Le Coin des Arts présente de Riccardo Licata des lithographies originales signées au crayon : Composition (1976), numérotée sur 100 et marquée d’un cachet vénitien au centaure, et deux Sans titre de 1987 et de 1990, cette dernière en épreuve d’artiste, ainsi qu’une estampe Sans titre de 1988 justifiée en chiffres romains. Chaque feuille est retenue pour la qualité de l’impression, la fraîcheur des couleurs, l’état et la provenance.
Né à Turin, Riccardo Licata passe une partie de son enfance à Paris avec sa famille, puis vit à Rome jusqu’en 1945. En 1946, il s’installe avec sa mère à Venise, ville qui restera son port d’attache. Il entre en 1947 au lycée artistique de Venise, où il découvre la culture du Bauhaus et la technique de la mosaïque, puis à l’Accademia di Belle Arti de Venise en 1950. À la fin des années 1940, il forme avec de jeunes peintres vénitiens, dont Ennio Finzi et Tancredi, un petit groupe tourné vers l’abstraction, dans une Venise où travaillent alors Giuseppe Santomaso et Emilio Vedova.
Sa première exposition personnelle a lieu à Venise en 1951. Très tôt, Licata expose à la Biennale de Venise, d’abord avec une grande mosaïque, et à la Triennale de Milan. En 1955, il réalise une mosaïque pour le Palazzo dei Lavori Pubblici de Gênes. Il dessine aussi pour le verre de Murano : un vase conçu avec Paolo Venini en 1955-1956 est entré au Metropolitan Museum of Art de New York. C’est dans ces années que naissent ses premières eaux-fortes abstraites, titrées d’un simple numéro en chiffres romains.
Grâce à une bourse du gouvernement français, Licata vient à Paris expérimenter la gravure en couleurs et de nouvelles techniques. Il y devient l’assistant de Gino Severini à l’École d’art italien, puis, à partir de 1961, enseigne à l’atelier de mosaïque de l’École nationale supérieure des beaux-arts, jusqu’en 1995. Il enseigne également à la Sorbonne et à l’académie d’Henri Goetz, et, à partir des années 1970, les techniques de la gravure à Venise. Ses mosaïques monumentales ornent notamment l’université de Lille, des bâtiments à Perpignan, Bourgoin-Jallieu et Sault-lès-Rethel, ainsi qu’à Monza et Reggio Emilia.
Licata obtient le prix Michetti en 1963 et participe de nouveau à la Biennale de Venise en 1964, 1970 et 1972, ainsi qu’à la Quadriennale de Rome, aux Biennales de Paris, de São Paulo et d’Alexandrie. Il signe aussi des décors et costumes de théâtre, dont ceux de la Médée d’Euripide au Teatro Comunale de Trévise en 1978, et du ballet Ichspaltung au Teatro Goldoni de Venise. Une première monographie paraît en 1982 aux éditions de la Galleria Il Traghetto (Enzo Di Martino et Toni Toniato) ; en 1993, une rétrospective au Ca’ Pesaro de Venise est accompagnée du livre d’Enzo Di Martino chez Fabbri.
En 2007, la Bibliothèque nationale Marciana de Venise expose ses carnets de voyage ; en 2009, l’exposition Riccardo Licata e le stagioni dello spazialismo a Venezia au Palazzo Venezia de Rome le replace dans l’histoire du spatialisme vénitien. Il meurt à Venise en 2014. En 2019, le critique Enzo Di Martino donne cinquante de ses œuvres, surtout des aquarelles, à la Fondazione Querini Stampalia de Venise, et le Museo Archeologico Nazionale de Naples lui consacre en 2025-2026 une exposition avec Gino Morandis et Tancredi.
Licata a pratiqué l’eau-forte dès le début des années 1950 : le British Museum conserve 53 de ses estampes, datées de 1954 à 2011, et le MoMA son eau-forte XXXII (1955), justifiée sur 24. Ces premières planches sont titrées par un numéro en chiffres romains (XVI, CLX, CCXXI…), qui suit la chronologie de son travail. À partir des années 1970 dominent les lithographies en couleurs, tirées par exemple à 100 exemplaires pour Composition (1976), et les sérigraphies en tirage limité : on y retrouve ses signes calligraphiques rythmés sur des fonds clairs. Les imprimeurs sont rarement mentionnés sur les feuilles. À notre connaissance, aucun catalogue raisonné de l’œuvre gravé n’a été publié : l’identification repose sur le titre ou le numéro, la date, la justification et les cachets.
Tirage et justification. Les eaux-fortes des années 1950 sont tirées à quelques dizaines d’exemplaires (24 pour XXXII) ; les lithographies plus tardives peuvent atteindre 100 exemplaires. Les épreuves d’artiste portent la mention « EA ». Voir le tirage.
Signature. Les épreuves sont signées à la main, au crayon ; une feuille non signée relève le plus souvent de la reproduction. Voir la signature.
Titres. Beaucoup d’estampes sont « sans titre » ou titrées d’un numéro romain : la date et les dimensions de l’image sont essentielles pour les identifier.
Pièges. Les reproductions d’affiches ou de catalogues n’ont ni signature au crayon ni justification. Méfiez-vous aussi des dates fantaisistes dans certaines notices.
État. Les fonds clairs supportent mal l’insolation et les rousseurs ; un encadrement sous verre anti-UV est conseillé. Nos garanties sont détaillées sur la page authenticité.
La galerie sélectionne les estampes de Riccardo Licata aux côtés de celles de Giuseppe Santomaso, de Zoran Music, autre artiste partagé entre Venise et Paris, de Piero Dorazio, d’Henri Goetz et de Valerio Adami. Découvrez aussi l’École de Paris et l’abstraction lyrique et nos gravures et lithographies.
Licata, Enzo Di Martino, Fabbri, Milan, 1993 · Riccardo Licata e le stagioni dello Spazialismo a Venezia, Giovanni Granzotto, Il Cigno GG, 2009 · MoMA – Riccardo Licata, XXXII, 1955 · British Museum – estampes de Riccardo Licata · The Met – Licata et Venini, Vase, 1955-1956 · Artribune – Riccardo Licata, una donazione (2019) · Kovacek Spiegelgasse – Riccardo Licata · Wikipedia (it) – Riccardo Licata
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