(1904-2001)
Maurice Estève (1904-2001) est l’un des grands coloristes de la peinture française d’après-guerre. Autodidacte, nourri de Fouquet, de Poussin et de Cézanne, il appartient à la génération des peintres de la nouvelle École de Paris – aux côtés de Jean Bazaine, Alfred Manessier ou Charles Lapicque – qui renouvelle la peinture non figurative après 1945. Ses toiles, construites par plans de couleurs pures imbriquées, aux titres énigmatiques souvent inventés, ont fait de lui un peintre à part, solitaire et exigeant. Estève fut aussi un remarquable lithographe : près de quatre-vingts lithographies, presque toutes imprimées chez Mourlot à Paris, prolongent sur le papier la richesse de sa palette.
La Galerie Le Coin des Arts à Paris présente des lithographies originales de Maurice Estève, signées à la main et numérotées, sélectionnées pour la qualité de leur impression, leur provenance et leur état de conservation.
Maurice Estève naît le 2 mai 1904 à Culan, dans le Cher, où il est élevé par ses grands-parents. En 1913, il rejoint ses parents à Paris et découvre le musée du Louvre : Chardin, Courbet, Delacroix et surtout La Bataille de San Romano de Paolo Uccello le marquent durablement. Revenu à Culan pendant la guerre, il commence à peindre dès 1915.
De retour à Paris en 1918, il est apprenti chez un typographe, puis dans un atelier de dessin de meubles modernes, et suit des cours du soir. En 1919, il découvre la peinture de Cézanne. En 1923, il passe une année à Barcelone, où il dirige un atelier de dessin de châles et de tissus : une première expérience de la couleur appliquée qui annonce son goût pour les accords francs. Rentré à Paris en 1924, il fréquente l’atelier libre de l’Académie Colarossi à Montparnasse, sans jamais suivre d’enseignement académique.
Après une brève influence du surréalisme et de Giorgio De Chirico vers 1927, Estève présente sa première exposition personnelle en 1930, à la galerie Yvangot, remarquée par le critique Maurice Raynal. Entre 1930 et 1936, il réalise une dizaine de linogravures, pour l’essentiel en noir et blanc, destinées aux albums du groupe des Indélicats. Il expose au Salon des Surindépendants jusqu’en 1938 et, en 1937, à Stockholm, dans une exposition de peinture française réunissant notamment Matisse, Picasso, Juan Gris et Fernand Léger.
La même année, il collabore avec Robert Delaunay et Sonia Delaunay aux grandes décorations murales des pavillons de l’Air et des Chemins de fer de l’Exposition internationale de Paris : une expérience décisive du grand format et de la couleur pure.
Sous l’Occupation, Estève expose au Salon d’Automne de 1941 à 1944 et appartient au groupe de jeunes peintres que la critique rattache aux « Jeunes peintres de tradition française », avec Jean Bazaine, Alfred Manessier, Charles Lapicque, Gustave Singier ou Jean Le Moal. En 1942, il signe un contrat d’exclusivité avec la Galerie Louis Carré, qui le défend jusqu’en 1949 ; en 1943, il participe à l’exposition « Douze peintres d’aujourd’hui » à la Galerie de France, aux côtés notamment de Jacques Villon.
Après une exposition à trois avec Bazaine et Lapicque chez Louis Carré en 1945, sa peinture gagne l’étranger : Stedelijk Museum d’Amsterdam en 1946, Copenhague et Stockholm en 1947. La série des Métiers (1947) marque son passage à une peinture non figurative, faite de formes organiques emboîtées et de couleurs intenses.
Dans les années 1950, Estève expose au Salon de Mai, participe à la Biennale de Venise en 1954 et à la documenta II de Kassel en 1959. Le Danemark lui est particulièrement fidèle : le Statens Museum for Kunst de Copenhague lui consacre des expositions en 1956 et 1961. En 1957, il dessine les vitraux de l’église de Berlincourt, dans le Jura suisse. Sa première rétrospective s’ouvre en 1961 à la Kunsthalle de Bâle, avant Düsseldorf, Copenhague et Oslo.
Parallèlement à la peinture à l’huile, il pratique l’aquarelle, le fusain, le monotype (1963-1964), le papier collé – un catalogue raisonné de ses collages paraît en 1999 – et réalise des cartons de tapisserie. Il reçoit le Grand Prix national des Arts en 1970 et expose à partir de 1972 à la Galerie Claude Bernard.
En 1981, une rétrospective « Estève de 1950 à 1980 » est présentée au musée Cantini de Marseille, au musée du Luxembourg à Paris puis à Metz. En 1986, une grande rétrospective est organisée au Grand Palais, et La Poste émet un timbre reproduisant son œuvre Skibet.
À la suite de la donation faite par Maurice et Monique Estève à la Ville de Bourges en 1985, le musée Estève ouvre en 1987 dans l’hôtel des Échevins, édifice gothique du XVe siècle ; d’autres donations suivent en 1989, 1997 et 2008, et le musée, rénové, a rouvert au printemps 2025. Installé définitivement à Culan en 1995, Maurice Estève y meurt en juin 2001, à 97 ans. Ses œuvres figurent dans de nombreuses collections publiques, de la Tate à Londres au Museum of Modern Art de New York.
Estève réalise sa première lithographie en 1949, pour La plaie ne se ferme pas du poète Jean Lescure. Il travaille ensuite presque exclusivement à l’imprimerie Mourlot, construisant chaque feuille couleur après couleur, avec la même rigueur que sur la toile. Ses lithographies, souvent de grand format, retrouvent les formes imbriquées, les rouges, les bleus profonds et les noirs veloutés de sa peinture.
Ses estampes ont été publiées par de grands éditeurs parisiens et suisses : Villand et Galanis (L’Envol, 1958), L’Œuvre Gravée à Zurich (Aladin, 1958), Alain Mazo (Lunaire administratif, 1966 ; Rivanoir, 1969), la Neue Galerie de Zurich (Anubis, 1969), la revue XXe Siècle (Bossaille, 1974), Berggruen (Bebaros, 1975) ou la Galerie Claude Bernard (Java vrillée, 1977). Les tirages sont généralement limités, de quelques dizaines à environ cent cinquante épreuves.
L’œuvre imprimé de l’artiste est répertorié dans le catalogue raisonné de Monique Prudhomme-Estève et Hans Moestrup, Maurice Estève, l’œuvre gravé. Catalogue raisonné 1929-1986, introduction de Dora Vallier, publié à Copenhague en 1986. Les marchands y font référence sous la forme « Prudhomme-Estève/Moestrup n° » ou, plus simplement, « Prudhomme n° ». La peinture fait l’objet d’un catalogue raisonné distinct, établi par Monique Prudhomme-Estève et Robert Maillard (Ides et Calendes, Neuchâtel).
Pour choisir une lithographie originale de Maurice Estève, vérifiez la technique et l’imprimeur (Mourlot pour l’essentiel), le tirage et la justification (numérotation au crayon ou épreuve d’artiste), la signature au crayon, la référence au catalogue raisonné Prudhomme-Estève/Moestrup, l’éditeur, la provenance et l’état de conservation. Les grands aplats de couleur d’Estève révèlent la moindre insolation, rousseur ou pliure : des marges intactes et des couleurs non passées sont essentielles.
Estampe originale ou reproduction ? Il existe de nombreuses lithographies « d’après » Estève, tirées de livres, de revues ou de catalogues, ainsi que des affiches d’exposition (Galerie Louis Carré, Galerie Claude Bernard, musée de Bourges). Ces images, non signées et non numérotées, ne sont pas des estampes originales. Une lithographie originale a été conçue par l’artiste pour l’impression, tirée à nombre limité sous son contrôle, signée au crayon et répertoriée au catalogue raisonné.
La Galerie Le Coin des Arts sélectionne les lithographies originales de Maurice Estève en veillant à leur authenticité, leur provenance et leur état de conservation, et conseille les collectionneurs pour leur encadrement et leur conservation. Découvrez également les estampes de Jean Bazaine, Alfred Manessier, Roger Bissière, André Lanskoy et Serge Poliakoff.
Musées de Bourges – Musée Estève · Monique Prudhomme-Estève et Hans Moestrup, Maurice Estève, l’œuvre gravé. Catalogue raisonné 1929-1986, Copenhague, 1986 · Maurice Estève – Wikipédia · Encyclopædia Universalis · Galerie Applicat-Prazan · Ceysson & Bénétière · Tate
Paiement sécurisé
3DSecure 2.2
Livraison par DHL Express gratuite à partir de 1200 €
Colis préparé avec soin
Suivi du colis
Expédition assurée
pour la valeur de l'œuvre, couvrant le vol et les dommages
Prix des œuvres au plus juste
Certificat d’authenticité
Deux galeries à Paris
Recevez un email dès qu'une nouvelle oeuvre de cet artiste est ajoutée
Votre demande a bien été envoyée ! Nous vous répondrons le plus rapidement possible.
Vous souhaitez connaître le prix de vente, recevoir plus d'images ou obtenir des détails sur l'oeuvre.
Veuillez saisir votre adresse email, un email vous sera envoyé avec un lien pour réinitialiser votre mot de passe
Vous pouvez maintenant commander et suivre vos commandes.
Pour sauvegarder votre wishlist, vous pouvez vous connecter ou créer un compte :
Il s’agit d’un encadrement 100% sur-mesure réalisé avec soin par un artisan-encadreur. Les finitions sont chêne clair, bois blanc ou bois noir, avec ou sans passepartout et plexiglass. Les délais peuvent varier selon la commande avec un délai moyen de 10 jours.
Cette option vous sera proposée lors de l'étape panier.